Boris
J'ai toujours redouté qu'une telle chose arrive : perdre un ami jeune.
J'y ai même souvent pensé : la façon dont je le prendrais, comment je serais prévenu si je suis loin, les conséquences que ça aurait sur mes autres amis, etc.
Non pas que je sois attiré par le morbide, loin de là, mais bien parce que de nos jours, les risques sont bien réels.
Et c'est arrivé.
Samedi soir, Boris a raté un rond-point en moto. Il est allé tout droit et a terminé dans un champ, tué sur le coup.
Je ne connais pas les véritables raisons de cet accident, et on ne les connaîtra sans doute jamais : vitesse excessive, alcool, problème mécanique, objet sur la route, on peut tout envisager.
C'est vrai qu'il aimait la vitesse, que de la bouche même de sa famille, on avait le pressentiment qu'il arriverait quelque chose un jour. Mais il conduisait bien, et il paraît aussi qu'il s'était bien calmé, avec l'âge, l'amour de ses proches, etc.
Mais ça ne sert à rien de se poser toutes ces questions, ça ne le ramènera pas. Il est mort, c'est tout.
Boris, je l'ai connu il y a 10 ans exactement, à notre entrée au lycée. Il avait mon âge, 15 ans à l'époque, 25 ans cette année.
Entier, plutôt peu causant et n'accordant en apparence que peu d'importance aux relations avec les autres, ça n'est pas passé tout de suite entre nous. Parce qu'en fait, il n'accordait pas son amitié à n'importe qui, mais quand c'était fait, c'était solide.
Après s'être mieux connus, on a partagé de nombreuses choses : la musique, les jeux videos, les virées dans notre bout de campagne, les discussions dans le bus, etc. J'ai passé beaucoup de temps chez ses parents, comme il a passé beaucoup de temps chez les miens.
Il m'a appris beaucoup : au basket, en mécanique, en histoire, différents sujets qu'il maîtrisait. Et il m'a appris à faire de la moto...
J'ai aujourd'hui mon permis, mais je ne regarderai plus jamais une moto comme avant.
J'ai appris sa mort lundi soir, par mon père qui avait lu une brève dans le journal. J'ai pleuré toute la soirée, comme un gamin. Et j'ai pleuré pendant toute la cérémonie, hier matin, sans pouvoir m'arrêter plus de deux minutes.
J'ai pourtant déjà perdu quelques membres de ma famille, dont mes deux grands-pères, qui ont été une énorme perte pour moi. Mais là, c'est différent, spécial.
Boris avait deux passions : la moto et l'armée. Il était engagé dans la Marine, à Hyères. Une partie de sa flottille était venue lui rendre un bel hommage.
Sur la plaque qu'ils ont apportée avec eux, il était écrit "Le malheur de te perdre ne nous fait pas oublier le bonheur de t'avoir connu".
Ouais, belle phrase, et c'est vrai. Mais quand même, c'est dur.
En ce moment j'écoute : Pas grand chose
J'y ai même souvent pensé : la façon dont je le prendrais, comment je serais prévenu si je suis loin, les conséquences que ça aurait sur mes autres amis, etc.
Non pas que je sois attiré par le morbide, loin de là, mais bien parce que de nos jours, les risques sont bien réels.
Et c'est arrivé.
Samedi soir, Boris a raté un rond-point en moto. Il est allé tout droit et a terminé dans un champ, tué sur le coup.
Je ne connais pas les véritables raisons de cet accident, et on ne les connaîtra sans doute jamais : vitesse excessive, alcool, problème mécanique, objet sur la route, on peut tout envisager.
C'est vrai qu'il aimait la vitesse, que de la bouche même de sa famille, on avait le pressentiment qu'il arriverait quelque chose un jour. Mais il conduisait bien, et il paraît aussi qu'il s'était bien calmé, avec l'âge, l'amour de ses proches, etc.
Mais ça ne sert à rien de se poser toutes ces questions, ça ne le ramènera pas. Il est mort, c'est tout.
Boris, je l'ai connu il y a 10 ans exactement, à notre entrée au lycée. Il avait mon âge, 15 ans à l'époque, 25 ans cette année.
Entier, plutôt peu causant et n'accordant en apparence que peu d'importance aux relations avec les autres, ça n'est pas passé tout de suite entre nous. Parce qu'en fait, il n'accordait pas son amitié à n'importe qui, mais quand c'était fait, c'était solide.
Après s'être mieux connus, on a partagé de nombreuses choses : la musique, les jeux videos, les virées dans notre bout de campagne, les discussions dans le bus, etc. J'ai passé beaucoup de temps chez ses parents, comme il a passé beaucoup de temps chez les miens.
Il m'a appris beaucoup : au basket, en mécanique, en histoire, différents sujets qu'il maîtrisait. Et il m'a appris à faire de la moto...
J'ai aujourd'hui mon permis, mais je ne regarderai plus jamais une moto comme avant.
J'ai appris sa mort lundi soir, par mon père qui avait lu une brève dans le journal. J'ai pleuré toute la soirée, comme un gamin. Et j'ai pleuré pendant toute la cérémonie, hier matin, sans pouvoir m'arrêter plus de deux minutes.
J'ai pourtant déjà perdu quelques membres de ma famille, dont mes deux grands-pères, qui ont été une énorme perte pour moi. Mais là, c'est différent, spécial.
Boris avait deux passions : la moto et l'armée. Il était engagé dans la Marine, à Hyères. Une partie de sa flottille était venue lui rendre un bel hommage.
Sur la plaque qu'ils ont apportée avec eux, il était écrit "Le malheur de te perdre ne nous fait pas oublier le bonheur de t'avoir connu".
Ouais, belle phrase, et c'est vrai. Mais quand même, c'est dur.
En ce moment j'écoute : Pas grand chose
