Il y a des fois, où on se dit qu'on aimerait bien manipuler le temps.
Le remonter de quelques jours, quelques mois ou quelques années, pour revivre des moments si agréables qu'ils sont encore ancrés dans notre tête, comme s'ils venaient de se produire. La famille, les amis, les amours...
Et il y a des fois, on aimerait bien l'avancer un peu. Oh, pas beaucoup, parce que ça fait quelques années que je me suis rendu compte que ça passe trop vite, et que si je pouvais, je mettrais bien le frein à main.
Oui, quand on se dit
"Untel je le connais depuis 15 ou 20 ans", quand on se dit que le petit dernier qui vient de naître aura 20 ans quand moi j'aurai largement dépassé la quarantaine, quand le cousin qui a mon âge et avec qui j'ai partagé plein de trucs m'annonce qu'il s'installe et va être papa... ben ça met un coup. Et pour moi, le temps passe toujours trop vite.
N'empêche, j'ai appris à être pratico-pratique, et parfois, loin de ces grandes réflexions qui peuvent être angoissantes, on aimerait bien avancer l'horloge, juste de 3 jours par exemple... histoire d'être en vacances et d'éviter ces exams qui arrivent à partir de demain !
Oui je sais, je suis passé à un niveau d'abstraction bien inférieur là, mais y a des fois, on est modeste sur les doléances ;-)
Donc oui, encore des exams. J'en ai passé des exams, et certains qui m'ont bien pris la tête. Et c'est encore le cas.
J'en suis encore à passer des exams pour des matières qui ne me plaisent pas forcément, et j'y vais à reculons. Et là, c'est dangereux, parce que ça me fait me poser des questions...
Il y a bien sûr le
"mais qu'est-ce que je fous là ?", assez récurrent, et qui a l'avantage de pouvoir s'appliquer à ma situation actuelle
(là = Québec), aussi bien qu'à ma situation + globale
(là = en vie, sur Terre).
Mais cette question est tellement globale, profonde et sûrement sans réponse convenable qu'il serait dangereux et de toutes façons inutile de trop s'y attarder.
Si on repart sur le côté pratique, il y a surtout le
"où vais-je ?", au sens professionnel. J'ai 24 ans, bac+4, je (pour)suis des études à l'étranger pour avoir (encore) un diplôme, mais si on me largue demain dans le monde du travail, je ne suis pas sûr de savoir faire quelque chose d'utile.
Je ne suis pas sûr non plus de savoir ce que je veux faire à court terme
(c'est-à-dire juste après mes études, merde c'est dans quelques mois). Et surtout, surtout, j'ai très peur que la voie que j'emprunte me mène vers un endroit qui ne me plaît pas forcément.
Alors oui, je me pose peut-être trop de questions. Il est vrai que ma formation ne doit pas forcément m'apprendre à savoir concrètement comment programmer un logiciel, conduire un engin ou piloter une machine.
C'est plus abstrait et global que ça, et le but du programme d'études que je suis actuellement serait plutôt de m'apprendre à apprendre, c'est-à-dire à façonner mon esprit de façon à pouvoir m'adapter aux futures situations du secteur professionnel, et à m'appuyer sur l'expérience qui viendra petit à petit. Ca je le conçois
(enfin j'essaie).
C'est certainement ça mon autre problème : le manque d'expérience.
Je ne sais pas quel type de poste je pourrais combler demain sur le marché du travail, je ne sais pas à quoi ça va ressembler, et surtout, je ne sais pas ce dont je suis capable. Je sais, c'est normal, le principe du débutant c'est que justement il n'y connaisse rien.
Mais je veux dire, non seulement j'ai l'impression de ne pas assez connaître mes capacités, mais aussi je ne suis pas encore sûr d'adhérer à l'état d'esprit d'un éventuel futur consultant ou chef de projet informatique. En théorie oui : le descriptif de ce type de poste me plaît.
Mais en pratique ? Cela va-t'il me plaire ? Et tout ce qui va autour : est-ce que je pourrais exercer un métier qui éventuellement ne me plaît pas, y passer 10 heures pas jour, uniquement pour des raisons salariales ? Est-ce que je vais devenir un enfoiré de cadre-requin qui ne sortira de son bureau que pour aller chercher les récompenses qu'il aura obtenu en marchant sur la gueule des autres ?
Bon, pour la dernière question, j'ai déjà la réponse. Et ceux qui me connaissent aussi, d'ailleurs. Allez, tous en choeur :
"mais non Rémi, tu es trop gentil pour ça !".
Oui. Je sais. Grumpf.
Enfin, voyez, les exams c'est vraiment nocif, tellement ça fait se poser des questions, sortir des conneries forrest-gumpesque comme
"la vie c'est comme un rouleau de papier-toilette, + ça se déroule et + ça va vite", ou tomber sur des
textes pseudo-philosophiques mais pas forcément faux.
Et tout ça, ça fait perdre du temps, le temps qui fuit.
Tempus fugit.
En ce moment j'écoute : Noir Désir - Lost