Largué
Après avoir passé une bonne soirée chez la demoiselle, je rentre chez moi. Mon téléphone sonne, c'est elle. Elle voulait savoir si j'étais bien rentré, belle intention.
Belle entrée en matière aussi. Car la suite fut moins réjouissante...
Elle me dit en substance que durant la soirée, elle avait eu un moment d'incertitude (que dis-je, un instant), qui l'ammène à penser que ça ne pourra pas aller + loin. Et qu'elle préférait me le dire maintenant, avant qu'on ne s'attache trop.
Putain, un "moment d'incertitude", un "doute" ! C'est-à-dire qu'il lui a suffit d'environ 1/2h pour mettre de côté le fait d'être bien avec moi, ressentir ce doute pour la 1ère fois, pour se poser des questions, réfléchir, prendre la décision de tout stopper et m'appeler pour me le dire. Il y a vraiment des trucs que je ne comprends pas...
1/2h bordel, 1/2h de doute comparée aux jours et aux semaines qui ont précédé le début de notre pseudo-histoire, où on s'est tournés autour, durant lesquels elle a eu tout le temps de se les poser, ces putains de questions, sans que ça ait porté à conséquence !
Parce que là, désolé, mais maintenant il y en a des conséquences... Forcément, me dire ça 1/2h après m'avoir dit "vivement la prochaine fois", "j'ai hâte de te revoir" et autres phrases du genre...
Tout ça apparemment (entre autres raisons incompréhensibles) parce que j'ai eu le malheur de dire que je pensais être amoureux d'elle. Dans son coup de fil, elle m'a dit qu'elle avait été surprise que je lui dise ça, et qu'elle s'est ainsi rendu compte qu'on s'était sûrement un peu emballés.
Elle est surprise ?! Bordel, je ne commence pas une histoire sans penser que je suis un minimum amoureux, moi !!! Pis il y avait certains gestes de sa part, certaines attitudes, qui normalement ne trompent pas. Enfin je croyais...
Mais je dois être trop gentil, je vais vraiment commencer à penser que sur mon front il y a marqué "prenez-moi pour un con, j'aime ça et en + je vais vous remercier".
Et elle préfère me le dire maintenant, avant que l'histoire ne devienne trop importante. C'est louable, si on est sûr de soi. Parce là, désolé, mais j'ai du mal à croire qu'1/2h suffise à se rendre compte de quoi que ce soit.
Elle aurait au moins dû laisser passer la nuit. Déjà ça m'aurait évité d'apprendre ça par téléphone (moins classe que ça, il n'y a plus que l'e-mail ou MSN, encore heureux que je ne me sois pas connecté en rentrant, je suis sûr que j'y aurais eu droit sinon).
Pis si elle avait laissé un peu de temps, je l'aurais mieux avalé, en me disant qu'elle y a bien réfléchi, et que sa décision est bien prise en toute connaissance de cause.
Une "histoire" de 3 jours, c'est ridicule, on se croirait au collège... Je pensais qu'on était assez grands pour savoir que quand on démarre quelque chose, ce n'est pas forcément pour durer 3 ans, mais pas 3 jours non plus...
Je suis conscient que dans une histoire, on ne calcule rien, on ne sait pas ce que ça va donner, on voit en allant.
Mais justement, "on voit en allant". Là on n'a même pas eu le temps de voir : on ne s'est vus que quelques heures ! Pas eu le temps de sortir, de se balader... de bien se connaître en fait.
Florilège de ses phrases, des classiques : "c'est pas de ta faute, c'est moi", "je préfères qu'on reste amis", "je ne veux surtout pas te faire de mal"... Bordel, je commence à les connaître celles-là... Il ne manquait plus que "je sors d'une relation difficile, j'ai besoin de recul", et j'aurais eu la complète !
"Je ne veux surtout pas te faire de mal"... En attendant, elle a sa conscience tranquille, elle a réglé ses petits questionnements internes en 2 temps 3 mouvements, et moi je suis comme un con avec ça dans la besace, et comme je me connais, avec pas mal de moments à ressasser tout ça. A commencer par cette nuit, où je n'ai évidemment pas dormi...
Je cherche des explications, je lui demande ce qu'elle ressent. "C'est indescriptible, je sais pas quoi dire...". Facile.
Mais il n'y a rien à dire de +, sauf peut-être qu'elle est responsable d'un gros gâchis...
Goût amer dans la bouche, énorme impression d'avoir été pris pour un con, incompréhension...
Je ne sais pas, je dois être handicapé des histoires de coeur, je ne dois sûrement pas avoir le droit d'être heureux de ce côté-là... Je n'avais déjà pas confiance en moi, j'avais déjà vécu des déceptions merdiques, mais là je crois que je suis vraiment dégoûté de tout ça...
Oui, je suis déçu. Oui, je suis amer. Oui, je suis aigri.
Pourquoi je parle de tout ça sur mon blog ? Parce que, faut que ça sorte. Pis je fais ce que je veux, na.
Ah bon, on n'est pas au collège ? J'ai cru, l'espace d'un instant...
En ce moment j'écoute : Noir Désir

